Prix Servais Le sauvetage du Prix Servais

« Cette institution a failli disparaître face à la crise »

Depuis plus de vingt ans, le prix Servais fait trembler le monde de la littérature à Luxembourg. Avec la crise, cette institution a failli disparaître.

L´adresse, au n° 2 de la rue Emmanuel Servais à Mersch, est très connue du monde littéraire du Luxembourg et de ses environs. Pendant 200 ans, la famille Servais y a vécu avant de céder le beau manoir à la commune avec l’obligation d´en faire un centre culturel. Depuis, s´y est installé le Centre national de littérature dont Germaine Goetzinger a longtemps été la directrice. Aujourd´hui, elle préside le jury du Prix Servais.

« C´est le prix de littérature le plus prestigieux de Luxembourg. Il est le seul à être décerné tous les ans. Il est très convoité. Le suspense monte sérieusement lorsque les gagnants sont annoncés », sourit-elle.

Hélas, cette distinction datant de 1992 a failli disparaître. Madame Goetzinger en explique les raisons. « La famille Servais a légué de l´argent à une fondation pour la littérature.

Celle-ci offre 4.000 Euros au gagnant. Mais avec la crise,les placements ne rapportent plus assez. Nous aurions dû attaquer les fonds propres, et ça aurait été vite fini », s’effraie-t’elle.

Pour Madame Goetzinger, il est bien clair, que l´OEuvre Nationale de Secours Grande-Duchesse Charlotte a sauvé le prix littéraire luxembourgeois. Avec un subside exceptionnel de 50.000 Euros, le financement du prix est assuré pour les années à venir. « Sans l´OEuvre, le Prix Servais était condamné », assure-t’elle.

Le prix récompense l´ouvrage luxembourgeois le plus significatif de l´année précédente. Le jury ne tient d´ailleurs pas compte de la langue utilisée par l´écrivain ni de son lieu de vie. Le Luxembourgeois Pol Sax, qui vit à Berlin, a par exemple pu être primé. De plus, il y a toujours un prix « première publication » qui récompense des auteurs qui n´ont pas encore publié de textes ou de livres.

Ceci aurait certainement plu à Emmanuel Servais. Le Luxembourgeois, qui a donné son nom à la rue dans laquelle se trouve le Centre national de la littérature était un grand Homme d´Etat de son époque. Né en 1811 à Mersch, Servais était avocat et député. Il a aussi fondé le journal « L´Echo du Luxembourg », et défendu l´indépendance du Luxembourg au Congrès de Francfort. Il a assumé les plus hautes positions telles que Ministre d´Etat et Président du Gouvernement avant d´être Président du Conseil d´Etat et Bourgmestre de la Ville de Luxembourg. Pour les intéressés, il y a même un livre de Margret Steckl intitulé « Servais ». En 1896, six ans après sa mort, est née la Grande-Duchesse Charlotte de Luxembourg, dont l´OEuvre a sauvé le prix cent ans plus tard !