Special Olympics Luxembourg Marc Feltgen : « Chez nous, il n’y a pas de perdants »

Grâce à Special Olympics Luxembourg et à ses bénévoles, les personnes avec une déficience intellectuelle peuvent pratiquer de nombreuses disciplines sportives, y compris en compétition. Les détails avec son directeur national, Marc Feltgen.

Pouvez-vous nous présenter Special Olympics Luxembourg?

Marc Feltgen: Son histoire remonte à 1979 avec la création de l’Association luxembourgeoise pour la pratique des activités physiques et sportives des personnes inadaptées et handicapées mentales (ALPAPS). En 1990, l’ALPAPS a officiellement adhéré au mouvement de Special Olympics qui a été créé en 1968 par la famille Kennedy et qui est aujourd’hui la plus importante organisation sportive au monde destinée aux enfants et adultes handicapés mentaux. Special Olympics Luxembourg compte actuellement environ 500 membres et organise des entrainements dans une dizaine de disciplines sportives, à travers le pays. Notre ambition est de mettre le sport à la portée de toutes les personnes handicapées mentales afin qu’elles s’épanouissent physiquement comme psychologiquement. Le sport est aussi un formidable moyen d’inclusion dans la société.

Des sportifs qui ont la possibilité de faire également de la compétition…

Marc Feltgen: Nous organisons effectivement régulièrement des rencontres sportives à l’échelon national et de la Grande Région dans différents sports. Des Jeux Européens et des Jeux Mondiaux sont également planifiés tous les 4 ans, toujours l’année qui précède les Jeux Olympiques en ce qui concerne les Jeux Mondiaux. Le prochain rendez- vous se déroulera à Los Angeles en 2015 et nous y serons. S’y ajoutent encore des rencontres ciblées sur un sport. En novembre 2013, par exemple, Spécial Olympics Luxembourg a organisé l’Euro Tennis 2013 qui a rassemblé 80 sportifs de 18 pays d’Europe. C’est dans ce cadre que nous avons bénéficié d’une subvention accordée par l’Œuvre. Il faut savoir qu’au sein de notre réseau, le pays qui organise une compétition prend en charge les frais des équipes au moment même où elles posent le pied sur le territoire.

La compétition, c’est avant tout un moyen supplémentaire de valoriser ce public ?

Marc Feltgen: Oui, mais c’est aussi leur  donner le goût de l’effort, l’occasion de multiplier les rencontres. Chez nous, il n’y a pas de perdants. Tout le monde est sur le podium. Ce qui compte, ce ne sont pas tant les performances que les aptitudes. Les athlètes s’affrontent au sein de groupes où tous les concurrents ont des niveaux équivalents. L’important est de faire de son mieux, comme l’indique le serment des athlètes : « Que je gagne. Mais s’il m’est impossible de gagner, que je fasse preuve de courage dans mes efforts ».

Comment la fédération est-elle financée ?

Marc Feltgen: Nous bénéficions du soutien de l’État en tant que fédération sportive. Nous avons également le support de partenaires, dans la durée et de sponsors pour les évènements que nous organisons ponctuellement. L’Œuvre nous soutient régulièrement dans ce cadre. Mais notre fonctionnement repose avant tout sur le bénévolat et la solidarité. Nous travaillons en étroite collaboration avec des parents d’enfants handicapés et des éducateurs sportifs mais également, je tiens à le souligner, avec des écoles. A l’image de l’implication des élèves de l’Ecole Privée Sainte Anne qui encadrent certains entraînements, les jeunes n’hésitent pas à s’impliquer et à se mobiliser à nos côtés.