© Lynn Theisen

Afrilanthropy asbl - Riding the Rainbow

Mise en place d’une plateforme digitale facilitant la rencontre entre résidents luxembourgeois et réfugié·e·s à travers la donation d’un outil simple. Emanuele Santi raconte.

Le projet

Riding the Rainbow est un projet polyvalent visant à soutenir l’intégration sociale des réfugié·e·s, le bien-être des jeunes réfugié·e·s et l’économie circulaire. Notre application permet aux résident·e·s de facilement faire des dons et entrer en contact avec les réfugié·e·s de leur région, et facilite ainsi l’inclusion d’un groupe démographique croissant au sein de la société luxembourgeoise.

En effet, c’était en voyant le grand nombre d’enfants fuyant la guerre en Ukraine que l’idée pour ce projet est née. Nous avions envie de défendre leur droit de jouer et de les aider à s’installer dans leur nouveau pays.

© Lynn Theisen

Dans le cadre de ce projet, nous aidons les réfugié·e·s également à participer à des activités sportives et créatives et à poursuivre leurs intérêts extrascolaires. Nous souhaitons ainsi soutenir leur bien-être émotionnel et social en tant que membres précieux de leur nouvelle communauté.

L’application est opérationnelle depuis septembre 2022 et, en mai 2023, elle comptait déjà plus de 1.400 utilisateurs. À côté de l’application, notre asbl a établi des partenariats avec 40 organisations de soutien aux réfugié·e·s, de défense des droits de l’homme, de cyclisme et même de recyclage pour atteindre ses objectifs.

Nous avons eu la chance de gagner le soutien de personnes connues et ayant une forte présence dans les médias pour le projet, et nous avons maintenant une équipe d’ambassadeurs et d’ambassadrices qui se consacrent à la sensibilisation au projet, également dans d’autres pays.

La réalisation

Atteindre les communautés de réfugié·e·s est l’un des principaux défis que nous avons croisé. Mais nous cherchons à collaborer de plus en plus avec des organisations d’aide aux réfugié·e·s qui gèrent les structures d’hébergement, telles que la Croix-Rouge Luxembourgeoise, qui utilise l’application pour établir un contact plus direct avec la communauté de réfugié·e·s. Nous encourageons également les bénéficiaires à partager leur expérience de l’application avec les membres de leur communauté. Comme il est généralement plus facile d’atteindre les donateurs, un déséquilibre entre l’offre et la demande se manifeste.

S’y ajoute que l’utilisation d’une plateforme qui n’est pas encore connue suscite toujours un niveau de confiance plutôt faible, tant de la part des réfugié·e·s que de la part des donateurs. Pour surmonter cette méfiance, l’équipe optimise constamment les fonctions de sécurité, notamment l’authentification à deux facteurs et une fonction de signalement plus efficace.

Il ne s’agit pas de donner pour donner, mais de se connecter et de partager une énergie bienveillante avec des personnes dans le besoin.

Emanuele Santi, président d’Afrilanthropy asbl

Un autre défi est de maintenir des niveaux élevés d’engagement avec l’application et de s’assurer que les dons sont conclus. Pour y faire face, il est prévu d’inclure des éléments de gamification, afin d’encourager les donateurs à donner suite aux demandes d’articles.

Ce projet ne se termine pourtant pas avec les dons. Les dons fonctionnent plutôt comme la pierre qui met un parcours individuel en mouvement. Certains enfants ont par exemple déjà pu rejoindre un club de football local par l’intermédiaire du donateur. D’autres réfugié·e·s ont même trouvé du travail à travers les rencontres facilitées dans le cadre du projet.

Objectif

Nous voulons faire de cette application une plateforme prospère et autonome avec 10.000 utilisateurs au Luxembourg.

Mais avant tout, nous souhaitons modifier les attitudes à l’égard des communautés de réfugié·e·s ainsi que les approches visant à les soutenir : nous voulons aller de la charité à la solidarité. Avec ce projet, nous espérons humaniser les réfugié·e·s et lutter contre les stéréotypes négatifs qui existent en partie en raison de l’incompréhension et de l’ignorance quant aux expériences que ces gens ont vécues. À côté de cela, le projet vise à rendre les hébergements des réfugié·e·s plus stimulants pour les enfants et à générer encore d’autres avantages pour les parents et les tuteurs des jeunes réfugié·e·s.

© Lynn Theisen

Avec les nombreuses crises frappant le monde actuellement, la population de réfugié·e·s en Europe continue d’augmenter. Les sociétés d’accueil doivent être des espaces inclusifs d’appartenance et non pas des centres exclusifs où le traumatisme des jeunes réfugié·e·s est aggravé par un sentiment de rejet. En plus de recevoir un don, les réfugié·e·s ont besoin d’être accueillis par un visage souriant et de sentir qu’ils ont leur place dans leur nouveau foyer pour se sentir capables de devenir des citoyen·ne·s actif·ve·s et productif·ve·s à l’avenir.

Il y a un énorme contraste entre celles et ceux qui vivent dans l’abondance et les familles nouvellement arrivées qui ont souvent dû tout laisser derrière elles. Un effet secondaire de notre action est que nous réagissons face à la quantité stupéfiante d‘objets obsolètes (vélos, jouets, etc.) dans les sociétés développées.

www.ridingtherainbow.com

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